Alexandre Kominek enflamme le BO Saint Martin

Juliette Follin 13/11/2020

Juste avant le premier confinement, j’ai pu voir le spectacle d’Alexandre Kominek au Théùtre BO Saint Martin. Mes derniers souvenirs heureux en spectacle vivant m’accompagnent au cƓur de cette nouvelle Ă©preuve solitaire
 Je vous invite donc Ă  les partager, histoire que nous traversions cette Ă©preuve tous ensemble, avant de renouer avec le plaisir de rire
 et plus si affinitĂ©s.

Alexandre Kominek au BO Saint Martin : un plaisir coupable à consommer sans modération

J’ai toujours vu les heures d’Alexandre Kominek avec une dimension personnelle. Quand je l’ai dĂ©couvert Ă  la Petite Loge, j’avais proposĂ© l’angle du rencard pour dĂ©couvrir le « bĂątard sensible Â» qui se produisait sur scĂšne.

Au BO Saint Martin, il n’était plus question de « bĂątard sensible Â», puisque le nom du spectacle avait disparu. En revanche, la dĂ©marche restait personnelle puisque je choisissais de voir ce spectacle le jour de mon anniversaire. On retrouvait cet angle de plaisir coupable, Ă©goĂŻste ou dĂ©fendu, c’est selon.

Ces dĂ©marches ne sont pas anodines. Si nous voyageons dans l’histoire de la comĂ©die, les artistes qui jouent sur l’angle de la sĂ©duction sont nombreux. Alors, comment innover quand on suit les traces d’un marronnier comique ? La seule carte Ă  jouer, c’est celle de la sincĂ©ritĂ©. Parce que tout le monde sĂ©duit, que cela se termine avec perte et fracas ou succĂšs et donzelles. Et cela, Alexandre Kominek l’a bien compris et le cĂ©lĂšbre avec brio.

Kominek, la bĂȘte de scĂšne

Certains la jouent martyrs romantiques, d’autres losers sentimentaux. Alexandre Kominek est plus une bĂȘte de scĂšne : plus animal, plus graphique. En somme, c’est le pire cauchemar/homme providentiel de toutes les Madame de Tourvel de ce monde
 En d’autres termes, celui qui rĂ©veille toutes celles qui se cachent derriĂšre un puritanisme de façade.

RĂ©sultat : le rire est aussi animal que l’artiste sur scĂšne. Oubliez la pudeur, Alexandre Kominek prĂ©fĂšre la dĂ©votion. Un jeu impeccable, des anecdotes plus folles les unes que les autres, et cette dĂ©rision teintĂ©e de sensibilitĂ© qui enrobe le tout.

Malheureusement, ce type d’Ɠuvre culturelle laisse parfois certains critiques de marbre. JugĂ©e pas assez sophistiquĂ©e ou recherchĂ©e, tombant dans de la vulgaritĂ©, parfois
 Laissez-moi contredire ces bienpensants et autres coincĂ©s du rire. Au risque de les dĂ©cevoir, il y a de la finesse dans cette dĂ©bauche hilarante, du message sous-jacent derriĂšre ces moments de vie Ă  la gloire relative
 Seuls ceux qui passent outre les prĂ©jugĂ©s peuvent en profiter, et je ne boude pas mon plaisir de faire partie de cette caste !

Je terminerai avec ce bonus : aprĂšs le spectacle, Alexandre me confiait sa dĂ©ception. Il venait de jouer en Suisse et sortait de plusieurs soirĂ©es trĂšs rĂ©ussies. À Paris, dans la nuit de cette fin d’hiver, il semblait refroidi. MalgrĂ© une prestation que je trouvais bonne, les premiers effets de la crainte de la pandĂ©mie avaient rarĂ©fiĂ© les spectateurs dans la salle. Sa dĂ©ception dĂ©montrait qu’il ne se reposait pas sur ses acquis et en voulait toujours plus. Le marqueur d’un futur grand du rire.

A propos de l'auteur