Humour instantanĂ© – Bas les masques !
Depuis la rĂ©ouverture de certains théùtres et plateaux dâhumour, jâĂ©prouve encore une certaine rĂ©ticence Ă me dĂ©placer. Jâaimerais beaucoup consommer de la comĂ©die comme avant. Les injonctions multiples sur les rĂšgles sanitaires (masquesâŠ*) divergeant de lieu en lieu, jâavoue ĂȘtre un peu perdue.
Dans ce plateau dâhumour oĂč le masque est obligatoire selon un Ă©criteau que personne ne voit, je fronce les sourcils. Il me suffit de jeter un rapide coup dâĆil aux alentours pour voir que personne nâen porte. Jâadresse un 2673e vent Ă un humoriste qui tente une bise. Jâentame alors un dialogue interne avec mon moi hypocondriaque. Câest pas possible, ils savent que se tripoter entre eux, ces comiques, ou quoi ?
Les masques tombent
Dans un théùtre assez connu cette fois-ci, le port du masque est effectivement obligatoire. Mais le prĂ©posĂ© Ă la billetterie nous confie que chacun fait ce quâil veut une fois dans la salle.
« Responsabilité individuelle » est un gros mot en France, je crois.
Au bout de 2 minutes, 80 % des gens passent en mode « visage naturiste ». Jâai lâimpression de dĂ©border de courage 30 minutes. 30 minutes Ă rĂ©sister au laxisme de mes voisins⊠Or je suis la derniĂšre personne Ă imiter lâautre irrĂ©ductible qui finit par cĂ©der Ă la pression populaire. Avec cette impression dâavoir lâair stupide quand jâen porte, puis quand je nâen porte pas.
Vous la vivez aussi, cette schizophrĂ©nie ? Ou alors mon angoisse a pris le contrĂŽle ? Jâenrage toute seule face Ă un pays qui a besoin dâinterdictions ou dâamendes pour se responsabiliser. Pardonnez-moi cet Ă©garement⊠JâĂ©coute un peu trop RMC chez moi. Alors que jâaimerais tant profiter de la vie et gĂ©rer ma partie de cache-cache avec un virus mondial.
Jâessaie ensuite de me convaincre que de toute façon, ils ne protĂšgent pas Ă 100 %, ces masques. Que la vie, câest dĂ©jĂ un risque en soi, alors autant sortir de son appartement. Mon dialogue interne sâarrĂȘte face Ă mon flux dâactualitĂ©. Dans cet enfer de pixels et de masques sociaux, une ribambelle dâartistes taille la nouvelle ministre de la culture. Ils demandent encore de lâargent, toujours de lâargent. Tout cela au nom de la crĂ©ation ou lâexception culturelle. Mais commençons par la familiariser Ă la nouveautĂ©âŠ
En rĂ©sumĂ©, je me fais chier. Je me demande si je ne vais pas rester cloĂźtrĂ©e chez moi 14 jours. Vous savez, histoire de maintenir mes parents en sĂ©curitĂ© avant de leur rendre visite. Dans mes rares entraves Ă mon auto-assignation Ă rĂ©sidence, je croise des nouveaux humoristes que je ne connais pas. Jâaimerais bien les voir⊠Mais je me limite Ă 3 sorties par semaine (et encore, quand je suis vraiment dĂ©vergondĂ©e !). Celles-ci se font de prĂ©fĂ©rence dans la mĂȘme bulle⊠Alors imaginez croiser 73 open-micers qui se disent bonjour avec le poing (vous avez des coudes, bande de boloss ?)âŠ
En quelques mois, je suis devenue esclave de lâentre-soi. Alors si vous sortez Ă ma place, racontez-le en contribuant au site ! Pendant ce temps, je vais dompter mon hypocondrie au mieuxâŠ
Un dernier mot
*Maintenant, on sait quâen aoĂ»t, les masques seront obligatoires en lieu clos.
Mais cet article est surtout un billet dâhumeur qui vous partage mes angoisses Ă lâinstant T. Je suis clairement frustrĂ©e de ne pas profiter autant de la reprise, en tant que spectatrice, que les humoristes. Ces derniers sont en rĂ©alitĂ© obligĂ©s de jouer un maximum de peur dâĂȘtre de nouveau confinĂ©s et de voir leurs revenus disparaĂźtre.
Si je ressens ça, jâimagine que dâautres amateurs dâhumour peuvent se dire la mĂȘme chose⊠Alors je le partage !