Bon à rien mais prêt à tout : Nicolas Fabié se fait entendre

Juliette 26/11/2019

Bon à rien mais prêt à tout : ce spectacle original de Nicolas Fabié a pris ses quartiers à la Comédie des Boulevards. Retour sur cette date parisienne exceptionnelle et intimiste, dans l’un des lieux les plus chaleureux du spectacle vivant.

Avant de le découvrir à la finale du Hold-up Comedy ou en spectacle à Nantes, découvrez pourquoi vous devez impérativement suivre Nicolas Fabié.

Bon à rien mais prêt à tout : Nicolas Fabié livre une expérience scénique unique

Nicolas Fabié, on l’aime depuis la première heure où on l’a vu. Il dit qu’il casse les codes du stand-up pour proposer des bandes sonores et des interactions. Émettons une objection, cependant : notre découverte humour intègre tous ces codes-là pour se les approprier et créer quelque chose d’unique.

Comment le décrire ? Une idée me vient rapidement. « Flirter avec le ridicule sans jamais tomber dedans. » Cette citation, issue du spectacle Éric ké Ramzy, irait très bien à celui de Nicolas Fabié. Il joue au funambule avec des gags tous plus ingénieux les uns que les autres.

Mention spéciale à la part d’immersion du spectateur : la mise en scène, très rythmée et travaillée, nous plonge dans une expérience unique. On se croirait au cinéma… À tel point qu’à mon sens, Nicolas Fabié pourrait bien nous pondre quelques scénarios qui rendraient Golden Moustache ringard.

Au final, la mise en scène, les interactions et l’ensemble des ressorts comiques ne font pas le sel de ce spectacle. Non, la véritable prouesse, c’est le storytelling. L’art de raconter des histoires au public et de le faire rire, ils sont peu à le maîtriser aussi finement. D’instinct, il m’a rappelé le Seb Mellia de 2016. Embarquer le public à un endroit où il n’aurait jamais imaginé atterrir : cette magie nous a maintes et maintes fois baladés en ce 25 novembre.

Composer avec des têtes connues

Cette date était spéciale. Non seulement, j’avais entendu le plus grand bien du spectacle Bon à rien mais prêt à tout à Nantes, donc je savais que ça allait être super. Certains humoristes vous garantissent un beau show, à l’exception de bides inopinés et autres incidents de parcours. J’arrivais donc confiante à la Comédie des Boulevards.

J’arrivais très tôt au théâtre, avec une avance d’une heure. Confortablement installée dans l’un des canapés du lieu, je voyais d’abord Antoine Sentenac débarquer. Il avait passé une sale journée : bloqué plusieurs heures dans un train, il venait de manquer son audition pour le Festival d’Humour de Paris.

Assidu, il avait en effet tapé dans l’œil d’Antoinette Colin, directrice artistique du Point Virgule. Avec une vingtaine de Trempoint à son actif, il se voyait déjà retiré de l’affiche… Rageant pour un garçon si jeune et déjà brillant et décisif sur scène.

Il assurait néanmoins une bonne première partie. Les aléas avaient clairement altéré sa performance, mais seul un regard très habitué pouvait le déceler. Les rires étaient au rendez-vous, et il faisait illusion grâce à son autodérision et à des blagues solides, rodées en plateau à Paris comme à Nantes.

Vu ailleurs : Nicolas Fabié, créateur du Podcast de la Loose

Comme pour Ricky Gervais, le gratin du LOL était aussi là (et c’était mieux !)

Dans le public, plusieurs humoristes émérites soutenaient les deux comiques sur scène, Nicolas Fabié en tête. Il y avait les deux copains Cyril Hives et Manu Bibard. J’ai aussi convié Humourman à la fête. Enfin, on pouvait croiser des artistes repérés par Mo Hadji (Clément K et Félix Radu) ainsi que le gangster modéré Romuald Maufras. Quoi, lui aussi est nantais ? Décidément…

Cette énumération pourrait être anecdotique, mais pas dans un spectacle aussi interactif. Félix Radu faisait du zèle : il était en forme, je l’ai présenté comme un humoriste à Humourman… Il n’a pas aimé, alors quand Nicolas Fabié l’a appelé humoriste lors du spectacle, il s’est levé et a feint de partir. Oui, Félix Radu est un poète, comme l’a brillamment fait remarquer Nicolas. Pour comprendre, lisez son interview ! À force, Nicolas l’a même nommé « co-auteur » tant il intervenait par des rires, des mots glissés par inadvertance ou juste sa manière de bouger dans le noir.

Humourman n’était pas en reste : happé par le spectacle, il réagissait vivement quand une anecdote lui rappelait quelque chose. Il y a aussi eu ce dialogue improbable entre Cyril et Nicolas, qui cherchaient tous les deux une chose difficile à dénicher. L’amour ? Non… Des dates pour jouer en plateau d’humour ! Pas de doute, on est bien dans les prémices de belles carrières…

Bon à rien mais prêt à tout : verdict

Vous avez loupé une excellente soirée en ne venant pas voir Bon à rien mais prêt à tout… Vous vous rattraperez la prochaine fois ? Promettez-le, sinon vous allez vivre une existence malheureuse. J’exagère, mais tout de même… Paris, vous pouvez vraiment découvrir quelqu’un qui va compter, qui déménage à la Debjam du Jamel Comedy Club et dans les cafés-théâtres. On vous aura prévenus.

A propos de l'auteur