Les Best de l’Humour : retour sur la finale Ă  l’Alhambra

Juliette Follin 18/01/2018

Lundi 15 janvier, 12 finalistes se partageaient la scĂšne de l’Alhambra pour devenir le Best de l’Humour. Par meilleur, on entend dĂ©couvertes : ce tremplin francophone a rĂ©uni des candidats venus de tous horizons. Six d’entre eux seront en tournĂ©e avec le Printemps du rire. La grande gagnante, Farah, sera en premiĂšre partie d’une soirĂ©e au ZĂ©nith de Toulouse et bĂ©nĂ©ficiera de 2 showcases. Le spot du rire y Ă©tait, et on vous raconte.

Du beau monde sur la scĂšne comme dans le public

Arriver Ă  l’Alhambra lors d’une procession de jeunes artistes, c’est la garantie d’en voir autant dans le public. On retrouve donc de nombreux talents sur les siĂšges de l’Alhambra. Nadim, FĂ©lix Radu, Jean-Patrick Bettini ou encore Edgar-Yves Monnou et Florent Mathey n’ont pas perdu une miette du show. La soirĂ©e, organisĂ©e par Mo Hadji de l’agence Bazar, se prolongera pendant plusieurs heures. L’Eurovision n’a qu’Ă  bien se tenir.

Sur scĂšne, ClĂ©ment Kah, nouveau poulain du Cactus Comedy, est le maĂźtre de cĂ©rĂ©monie. Ce jeune humoriste, sorti d’une Ă©cole de journalisme, est dans son Ă©lĂ©ment. Il alterne les passages d’humour et la prĂ©sentation des diffĂ©rents humoristes. Cette soirĂ©e est l’occasion de placer de nombreux artistes, dont les DesGars qui mĂȘlent humour potache et acrobaties.

De belles découvertes

Parmi les 12 finalistes, certains jeunes talents Ă©taient effectivement prometteurs. On retrouvait notamment la trĂšs talentueuse Alexandra Pizzagali, notre dĂ©couverte d’octobre. Au spot du rire et avec tous les artistes stand-up prĂ©sents dans le public, on a adoubĂ© Ă  l’unanimitĂ© Nicolas FabiĂ©. SĂ©lectionnĂ© au West Side Comedy Club Ă  Nantes, ce jeune talent s’est bercĂ© dans la culture stand-up et ça se voit. Aujourd’hui, la thĂ©matique de la rupture est rĂ©pandue : Kyan Khojandi, Charles Nouveau et bien d’autres l’ont fait avec originalitĂ©.

Il n’empĂȘche : on avait l’impression de voir une prestation pleine de fraĂźcheur. Autant vous dire que lors du verdict, on Ă©tait déçu de son absence dans les 6 retenus pour la tournĂ©e ! Il y en aura d’autres, les festivals et autres sĂ©lections n’ont jamais bĂąti des carriĂšres. Le talent, si. Le jeune Bruno Hausler a aussi dĂ©montrĂ© qu’il n’avait pas volĂ© sa place. Les habituĂ©s du Paname Art CafĂ© ont aussi pu retrouver l’Ă©tonnant Yassine Hitch et son corps Ă©lastique.

Quant Ă  la gagnante, Farah, elle n’Ă©tait plus vraiment une dĂ©couverte puisqu’elle est une habituĂ©e du Cactus Comedy ! Son humour, souvent qualifiĂ© de trash ou fĂ©ministe, rejoint la lignĂ©e d’autres humoristes sur ce crĂ©neau. Cela ressemble un peu Ă  ce que fait Tania Dutel, mais il ne faudrait pas faire l’erreur de comparer les deux femmes. Non seulement, Farah est dans le milieu depuis 2 ans seulement, et puis il est bien plus facile de se faire une idĂ©e du talent de Tania, qui a dĂ©jĂ  jouĂ© plusieurs spectacles. Ce type d’humour n’est pas pour tout le monde, mais il faut souligner les belles trouvailles dans le passage de Farah !

Un niveau inégal

Proposer 12 talents, c’est audacieux pour deux raisons :

  • cela prend du temps ;
  • leur offrir de longs temps de passage allonge la durĂ©e du spectacle ;
  • le niveau est hĂ©tĂ©rogĂšne.

A l’inverse, sans ce type de soirĂ©e, beaucoup n’auraient jamais pu jouer dans une grande salle de spectacle. De mĂȘme, aller dĂ©nicher des talents est difficile. Il faut compter sur un bon cru lors des sĂ©lections et faire les bons choix. Quand l’Ɠil s’habitue Ă  voir certaines formes d’humour et Ă  en dĂ©laisser d’autres, difficile de réécouter des blagues faciles, vues et revues. Et lorsque le spectateur juge, il a du mal Ă  identifier si le passage est un ratĂ© d’un soir ou symptomatique d’un humour qui ne marche pas. Un rapide coup d’Ɠil aux critiques sur le web montrent que nous n’avons pas dĂ» voir les mĂȘmes prestations, tant ces critiques sont dithyrambiques et unanimes.

Moralité : en finir avec la culture à 2 vitesses, ce serait sympa, non ?

Une chose est sĂ»re : je me dis, aprĂšs cette soirĂ©e, que l’on ne doit plus se dire que ça marchera en province, mais ici, ce n’est plus possible de voir ça. Pourquoi ? Parce qu’avoir la paresse de proposer un humour Ă  2 vitesses, c’est dĂ©nigrer le public. J’ai amenĂ© du public de province et parisien au Paname Art CafĂ©, et je peux vous dire que ceux qui ont le plus ri des subtilitĂ©s du stand-up, ce sont les premiers. Et je me souviens de l’offre théùtrale rĂ©sumĂ©e en 2 ou 3 tĂȘtes d’affiche Ă  50 kilomĂštres du domicile… Au final, on va voir celui qui vient au dĂ©triment de celui que l’on veut voir… A l’inverse, penser que le public parisien peut n’apprĂ©cier que de l’humour Ă©litiste, perchĂ© ou autre, c’est peut-ĂȘtre aussi se tromper. Mais c’est sĂ»rement mon cĂŽtĂ© normand qui ne tranche jamais qui doit parler !

En rĂ©sumĂ© : merci aux initiatives, comme celles-ci ou le Point Virgule on the Road, d’aller toucher les publics !

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