L’actu de la semaine : plateaux d’humour et retour sur scène

Juliette 27/05/2018

Cette semaine, Le spot du rire était en mode stand-up underground ! J’en ai profité pour revenir aux sources avec les meilleurs comedy clubs de la capitale… et mon petit écran.

Lundi : Paname Comedy Club et retour sur scène

Si vous êtes habitués du stand-up, vous connaissez bien les plateaux Paname Comedy Club. Au Paname Art Café, ils réunissent le meilleur du stand-up sélectionné par le lieu. Pour rappel si vous nous avez lu cette semaine, nous y avons retrouvé un rire emblématique du public parisien.

Lundi, j’ai aussi reçu un message de Betty Durieux. Notre résidente humour tient deux plateaux, dont Le jardin s’enjaille. Pour resituer, les artistes se passent le mot pour jouer là-bas. Certains estiment que c’est la meilleure scène de Paris. Le spot du rire l’a hissée parmi les scènes incontournables dès sa première, c’est dire. La recette du succès ? Une scène hyper qualitative pour les humoristes et le public. Des lumières qui mettent en valeur pendant le passage et produisent de belles photos. On est super bien accueillis et assis. Dans le milieu, c’est un coup de maître.

Dans ce contexte, j’ai le privilège de vous annoncer mon retour sur scène. Betty m’a demandé, je n’ai même pas réfléchi. J’avais envie de dire oui sur le moment, et depuis je le vis bien. Ça sent le bide, mais visiblement cela n’a pas l’air de me faire peur. Pour ceux qui m’ont vue au 33 Comedy, je vais adapter un peu le passage avec une autre fin et deux-trois changements. Ce sera donc le 18 juin à 20 heures et vous pouvez pré-réserver ! Un gros merci à Betty pour l’invitation, j’ai beaucoup de chance par rapport à d’autres qui débutent et qui doivent faire leur trou dans la douleur.

Mardi : 2 ans du 33 Comedy

Cette soirée, je l’attendais. Je vous avais parlé du gâteau, et diable qu’il était bon. Au niveau de la soirée, les humoristes présents ont assuré le show. C’était l’occasion pour moi de mieux découvrir Pierre Thevenoux. Je veux dire, je connais bien ses passages mais cette semaine, il était un peu partout. Celui qu’on appelle le poto d’Alban Ivanov, tel qu’esquissé dans Sympa la vie, est vraiment un mec cool.

Ça fait toujours plaisir de découvrir humainement les humoristes. On peut s’en faire une idée en voyant un passage, mais je trouve que discuter avec eux permet de trier parmi les mecs bien des… moins bien. J’ai aussi revu Harlem Dallas, une fille qui est montée à l’improviste au 33 Comedy. Elle portait un T-shirt Bordel Comédie Club (le plateau québécois). Au fil des interactions, elle révèle être comédienne et Antek lui propose de monter sur scène.

Ni une, ni deux, elle s’exécute. Elle venait d’écrire le texte mais ne l’avait pas appris. Elle a réalisé une belle prouesse. Je peux vous dire que j’ai passé deux semaines intensives à apprendre mon texte et que j’ai raté des trucs. Bravo à elle ! D’ailleurs, elle a réalisé sa première scène plus conventionnelle au Sept comedy, un plateau dans un bar à chicha. Il faut savoir que les chichas, c’est compliqué. Il faut que je lui demande comment ça s’est passé ce jeudi… Mais cette fille a déjà un enthousiasme débordant, je ne me fais aucun souci pour elle.

Mercredi : Parlez-vous stand-up ?

Autre ambiance, le mercredi : rendez-vous au Théâtre du Rond-Point. L’endroit est tellement décalé par rapport aux scènes stand-up underground. Déjà, le théâtre jouxte le Grand Palais et de nombreux autres monuments parisiens. On n’est pas loin des bateaux mouches et du Private Joke, le plateau avec vue sur la Tour Eiffel. J’ai mis je ne sais combien de temps à trouver un lieu où boire un verre avant le spectacle sans avoir l’impression d’être une pièce rapportée du tiers-monde. Bon, j’exagère un peu, mais j’étais un peu mal à l’aise dans le 8e arrondissement de Paris.

Après, je me suis rendue compte que j’aurais pu boire ce verre dans le théâtre. Or, tant qu’on n’entre pas dans un lieu, on n’est pas encore à l’aise. Avant de juger, sachez que je n’étais pas toute seule. Dans le public, il y avait un couple qui était arrivé tôt comme moi. La fille a imprimé les billets chez elle depuis le site du théâtre, et son copain s’inquiétait : fallait-il échanger la contremarque ? Telle Superman au féminin, je suis arrivée avec ma cape et je leur ai dit de ne pas s’en faire. Avec un code-barre, c’est bon. Sans code-barre et avec Billetréduc, il aurait fallu faire ça. Toujours avant le spectacle, un sosie de Jean Rochefort lit le flyer sur le spectacle : jamais il n’aurait mis les pieds dans un plateau.

Une ambiance stand-up millimétrée

Une fois dans la salle, je me réjouis. La visibilité est excellente. En plus, comme j’ai une invitation, je ne sais pas trop où l’on m’a placée. Je ne sais pas si c’est lié à mon arrivée anticipée, mais je suis au quatrième rang, pile au milieu et en face du micro. Les lumières sont braquées sur le tabouret et le micro. Ambiance stand-up à l’américaine.

Chaque prestation des humoristes était de qualité. Ils ont tous été bons et professionnels dans leur passage. J’ai redécouvert Fadily Camara, qui progresse toujours plus. Les thèmes qu’elle aborde ne sont pas toujours ma tasse de thé, mais elle le fait avec beaucoup de talent. Sa présence scénique fait la différence. Encore une fois, c’est une affaire de goût puisqu’elle fait preuve d’une belle originalité et d’une énergie indéniable. Elle m’a impressionnée sur des sujets comme l’esclavage. Il est facile de tomber dans du pathos ou du militantisme artistique pour public parisien. Non : Fadily Camara joue la carte de l’étonnement et de la candeur pour amener les sujets avec beaucoup d’intelligence. Vous pouvez vous aussi en profiter : elle joue toujours au Point Virgule du jeudi au samedi à 21h15

Allez, je balance quand même ma vanne mauvais esprit. Le nom du festival, Parlez-vous stand-up, est un copier-coller du nom d’une des soirées du Festival d’Humour de Paris. La ressemblance s’arrête là puisque les 4 soirées de Kader Aoun sont plus underground que celles de Jean-Marc Dumontet. On aurait pu regretter de voir les mêmes têtes… mais sur quatre jours, le grand public en aura fait, des découvertes. Je laisse cette critique à la soirée stand-up à l’Européen début juin. Ça va être très bien, mais ce sera sans moi. J’ai déjà vu tout le monde, sauf Gad Elmaleh mais je le loupe à chaque fois, c’est la vie.

Jeudi et vendredi : soirées off, mais pas de déconnexion !

Pour jongler entre un sommeil de qualité, une semaine de travail chargée et des plateaux vécus à 100%, il faut savoir dire stop. Oui, Gad Elmaleh était de sortie et je l’ai encore loupé… tant pis. Oui, le Comedy Street Bastille avait un line-up qui me faisait vraiment envie… Voir Fred Cham sur scène me manque beaucoup. Voilà, c’est dit.

Rassurez-vous : j’en ai profité pour rattraper mon retard. Lundi soir, France 4 diffusait le Gala Fary Wiesel au Montreux Comedy Festival. J’avais été déçue de l’édition précédente… mais ils se sont vraiment rattrapés. J’ai même découvert des gens ! Thomas Wiesel m’impressionnant de plus en plus… cela n’est pas étonnant. L’un des moments marquants, c’était lorsque Thomas Wiesel et Fary se sont déguisés en l’autre. On voit qu’on a affaire à des cadors de l’humour et de très bons comédiens et maîtres de cérémonie. Bravo, encore une fois !

Get up stand up : de la scène au documentaire

Mercredi soir, il y avait un reportage sur le monde du stand-up. Canal+ diffusait ainsi Get up stand up, un documentaire centré autour de l’émergence du stand-up du Jamel Comedy Club. J’ai trouvé le début sur le parallèle entre les banlieues qui s’embrasent les nouvelles voix de l’humour ennuyeux. Disons que j’en avais déjà eu marre quand France Inter avait lié les sujets. La thématique n’est pas inintéressante, mais qu’on nous la resserve à toutes les sauces. Déjà qu’on a une ligne éditoriale marquée dès qu’on regarde une émission Canal comme Clique… Encore une fois, j’aime beaucoup l’émission, mais c’est parfois agaçant de voir toujours le même angle journalistique trituré.

D’ailleurs, le documentaire fustige le traitement médiatique, qui a exacerbé un phénomène qui dépassait l’idée initiale : faire rire et s’exprimer. Dans l’ensemble, c’est vraiment un document de qualité. On retrouve les conseils de Gad Elmaleh, déjà prodigués dans Un café au lot7. Les commentaires de Roman Frayssinet et les autres m’ont intéressée… Bon, je vous avoue aussi que le plébiscite masturbatoire du stand-up m’a un peu agacée, à la longue. Oui, cet art est sympa, mais cela reste un genre humoristique. On verra s’il est abordé de la même manière dans quelques années.

Samedi : Underground Comedy Club dans un nouveau lieu

Samedi soir, 21h30 : rendez-vous au Théâtre de Dix Heures. Je suis déjà allée à l’Underground Comedy Club au Sentier des halles. Le décor du Théâtre de Dix Heures fait moins plateau d’humour, mais tant d’humoristes ont débuté là-bas, cela fait sens. La salle n’est pas comble. En ce moment, le temps donne envie aux parisiens de déserter les théâtres. Le plateau rencontre toutefois un vrai succès car les gens commencent à arriver par groupes.

La formule est identique au théâtre précédent. J’ai trouvé la soirée mieux gérée au niveau du timing et la programmation de qualité. Les interactions étaient moins systématiques que dans mon souvenir, le signe que les deux animateurs de la soirée avaient de nombreuses blagues à tester. Le test s’est d’ailleurs révélé tantôt concluant, tantôt moins concluant. Le tout dans une ambiance très chaleureuse. Bravo à l’Underground Comedy Club, vous avez fait le job. Et comme d’habitude, les photos de Christine Coquilleau immortalisent la soirée avec brio.

Dimanche : séance d’écriture

Nous voilà aujourd’hui, dimanche. Je regarde vite fait la programmation du Paname Art Café. De toute façon, je ne pourrai pas m’y rendre. Aujourd’hui, c’est rideau : vous pensez vraiment que je peux bouger lors du week-end le plus important de l’année en matière de sports mécaniques ? Bon, je divague.

En tout cas, je vais en profiter pour vous concocter le plus de contenus possibles. Cette semaine, j’ai eu du mal à vous alimenter en partages sur les réseaux sociaux. On fait de son mieux quand on jongle avec sa vie professionnelle… Je retiens que cette semaine a été extrêmement agréable en matière de stand-up en plateau et dans les médias. Une semaine parfaite, en somme ! Allez, rideau.

Crédits photo

© Underground Comedy Club / Christine Coquilleau

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