Un artiste, une chanson – Roman Frayssinet, The End at Pianoland

Juliette Follin 15/05/2018

Le spot du rire innove avec une nouvelle rubrique : Un artiste, une chanson. On inaugure cette nouveautĂ© avec un talent indĂ©niable du stand-up : Roman Frayssinet. Rien de tel qu’un virtuose pour se lancer, non ?

Roman Frayssinet : rencontre avec un virtuose de l’humour

On ne prĂ©sente plus Roman Frayssinet. L’humoriste passĂ© par l’École Nationale de l’Humour Ă  MontrĂ©al innove Ă  chaque instant. Un charisme imparable, une prĂ©sence scĂ©nique inĂ©dite, mais aussi et surtout un travail de tous les instants. Le tout rend donc service aux punchlines dĂ©gainĂ©es Ă  une foule hilare et touchĂ©e par la virtuositĂ© de l’artiste.

Car Roman Frayssinet est un virtuose. Cela m’a frappĂ© lorsque je l’ai rencontrĂ©. C’était au Beach Comedy Club, juste aprĂšs l’affaire Gilbert Rozon. Un moment important pour Roman qui a cessĂ© sa collaboration avec Juste pour rire et annulĂ© toutes ses dates au 13e Art, le théùtre liĂ© Ă  la cĂ©lĂšbre sociĂ©tĂ©.

À la fin du plateau, les humoristes font leur promotion. J’étais lĂ  pour soutenir Marion Mezadorian, mais je me souviens que ce soir-lĂ , la programmation Ă©tait trĂšs soignĂ©e. Quand Roman prend la parole, il oublie la date de son showcase Ă  l’EuropĂ©en. Bien sĂ»r, je la connais. Je suis loin dans le public, ma voix ne porte donc pas toujours. Mais lĂ , mon cĂŽtĂ© fayote/bonne Ă©lĂšve prend le contrĂŽle. Je veux impressionner l’étoile montante du stand-up, naturellement.

Je crie alors : « 22 novembre ! » tandis qu’il continue de chercher. Oui, je me souviens encore de la date. Ce court instant m’a donnĂ© le courage d’aborder ce gĂ©nie du rire Ă  la fin du spectacle pour lui prĂ©senter mon site sur l’humour. Je me souviens d’un moment trĂšs apaisĂ©. Si Roman hausse le ton sur scĂšne, il sait aussi tempĂ©rer son timbre. Ça m’a frappĂ©, j’ai trouvĂ© cet instant beau et j’ai oubliĂ© la fatigue d’accumuler les plateaux comme par magie.

Roman Frayssinet ft. Andrew Rayel

Sur le chemin du retour, je m’engouffre dans une bouche de mĂ©tro, le casque vissĂ© sur les oreilles. Le souvenir du virtuose Roman m’apparaĂźt alors encore plus net lorsqu’un titre d’Andrew Rayel dĂ©marre. Ça s’appelle The end at pianoland.

Pour vous situer Andrew Rayel, il s’agit d’un espoir de la musique Ă©lectronique dĂ©jĂ  bien grand. AdoubĂ© par l’un des meilleurs de son genre, Armin van Buuren, cet Ă©lĂšve de la trance a parfois mĂȘme dĂ©passĂ© le maĂźtre. On imagine que Roman Frayssinet, de par ses innovations comiques, lui emboĂźte le pas dans un tout autre registre !

Depuis cette soirĂ©e d’automne, cette chanson est Ă  jamais associĂ©e Ă  Roman Frayssinet pour moi. Un passage de piano exaltant. Des moments de grĂące, d’empressement et de voluptĂ© qui s’enchaĂźnent. C’est beau, insaisissable. Cela correspond aux tableaux qu’il peint sur scĂšne, cette Ɠuvre comique si singuliĂšre. Quels talents !

Roman Frayssinet en chanson : The End at Pianoland (Andrew Rayel, 2014)

Crédits photo

© Betty Durieux

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