Lorenzo Mancini – S01E02 – Toujours dans le flou
Cela faisait longtemps quâun Lorenzo Mancini ne mâĂ©tait pas apparu. Ce genre de talent qui vous fait appuyer sur pause, lâespace dâun instant suspendu. DâoĂč une idĂ©e : et si on lançait une sĂ©rie dâĂ©pisodes pour suivre le parcours pas Ă pas dâun artiste Ă©mergent ? DĂ©couvrez le deuxiĂšme Ă©pisode, oĂč lâenquĂȘte comico-virtuelle bat son pleinâŠ
En quĂȘte de podcasts oĂč figure Lorenzo Mancini
Lorenzo Mancini est en vĂ©ritĂ© plus sympa que flou : il me guide vers certaines choses Ă Ă©couter, Ă lire⊠Câest marrant, il ne mâa pas prĂ©cisĂ© tous les podcasts oĂč il apparaĂźt. Il y a deux Ă©missions de sexe quâil a omis de mâindiquer. Ăvidemment, je fonce sur cette came sombre. Mis Ă part des bruits dâorgasme et des considĂ©rations sur le sexe anal et le porno, je nâai rien Ă me mettre sous la dent.
Par expĂ©rience, je me retiens de lui dire que jâai mis la main sur ces cassettes rouges. En effet, il parlait plus de ranger sa chambre que dâautre chose⊠Puis Ă©couter ces conneries dans le mĂ©tro, avec des enfants tout autour, est hyper malaisant. Et sâils entendaient un mini-bruit sortir de mon casque ? Quelle angoisse⊠En parallĂšle, jâĂ©tais quand mĂȘme assez sĂ©rieuse puisque jâĂ©coutais Humeurs humoristiques. Ce podcast est souvent trĂšs long, puis il Ă©tait co-invitĂ©, donc il y avait du superflu dans mon enquĂȘte.
Au-delĂ de lâadmiration de Guillermo Guiz, que rĂ©serve le pitch du spectacle ?
Jâapprenais son admiration pour des Guillermo Guiz et Adib Alkhalidey. Mais quelle surprise pour des artistes belges qui sâexpriment dans ce podcast ! Encore une fois, mis Ă part le cĂŽtĂ© carrĂ© du bonhomme, on a du mal Ă se projeter dans le type dâartiste en face. Alors passons directement au pitch de spectacleâŠ
Son plaisir, câest de comprendre ce qui lâentoure tout en sâamusant. Alors, en venant, prĂ©parez-vous Ă visiter la structure de son cerveau. Un endroit oĂč Freud et Booba se dĂ©couvrent des points communs, oĂč les coiffeuses rencontrent lâeffet papillon, oĂč les vaches dominent le monde. Improbable ? Pas pour cet esprit des fois poĂ©tique, des fois rationnel mais toujours plein dâhumour.
PoĂ©tique, rationnel, plein dâhumour : ok, ça ratisse large. Les vaches dominent le monde⊠Câest toujours un plus de lire ce genre de bĂȘtises dans une description de spectacle. On sent que ça va ĂȘtre un peu con, quand mĂȘme, pas 100% sĂ©rieux.
Rappel pour plus tard, relatif Ă la pop-culture : Lorenzo Mancini, architecte, nâest pas Ted Mosby
Rassurant, avec ces histoires dâarchitecture. Parce que de mon cĂŽtĂ©, ce que je connais de lâarchitecture, câest Ted Mosby⊠Vous savez, « the overthinker » (le mec qui pense trop) aux bottes de cuir rouge (forcĂ©ment, il plaĂźt aux amateurs dâart de par ses choix audacieux).
Dans le pitch, il y a tout de mĂȘme du chocolat une perspective plus nette : « prĂ©parez-vous Ă visiter la structure de son cerveau ». Le lien avec le « dans ce spectacle, vous allez pĂ©nĂ©trer dans ma tĂȘte » dâun autre show est saisissant. Je me serais donc fait encore bercer (berner ?) par un humoriste cĂ©rĂ©bral et subtil ? EspĂ©rons que ce ne soit pas cyclique, cette affaire⊠Que mon instinct ne me guide vers des artistes qui me parlent sans que je ne comprenne pourquoi.
Des inspirations qui tranchent avec les miennes⊠Câest grave, docteur ?
Et dans le mĂȘme temps, cette filiation avec Guiz, câest Ă©trange⊠Sâil lâidolĂątre alors que, de mon cĂŽtĂ©, ça ne me bouscule pas trop, ça mâĂ©loigne de cette connivence instantanĂ©e. En prime, il ajoute dans un podcast quâĂ choisir, il prĂ©fĂšre Marina Rollman Ă Thomas Wiesel, arguant que le type a lâair dĂ©pressif dans le podcast de Fanny Ruwet*. Mais qui est ce fucking stand-upper ?
Puis Thomas Wiesel nâest pas dĂ©pressif, câest juste quâil fait des blagues devant Christian Constantin avec un maillot du FC Sion au lieu du Lausanne Sport. Rien Ă voir⊠Thomas Wiesel, câest un peu comme Zidane pour moi â pas touche. AprĂšs, il kiffe Dena et il a dit le mot « Eurovision ». Bien rattrapĂ©, Mancini.
Prochaine étape pour sortir du flou : voir Origami de Lorenzo Mancini (14 juin à Bruxelles)
Plus sĂ©rieusement, je dois me rendre Ă lâĂ©vidence : je suis toujours dans le flou avec Lorenzo Mancini. Attendons la rentrĂ©e et le spectacle Origami (jâai 0 patience). On y verra plus clair (enfin, jâespĂšre). Et aprĂšs, il faudra revoir la prestation plusieurs annĂ©es durant. On nâest jamais Ă lâabri dâun volte-face scĂ©nique dans lequel je ne connecterai plus.
Je nâai pas envie que cette premiĂšre impression sâĂ©vapore : elle est si rare au contact dâun nouvel artiste. Tellement porteuse de promesses quâon voudrait Ă©ternelles, puis finalement, câest juste du stand-up efficace. Bon, ce show est poĂ©tique, cela dit. Tant quâil nâen met pas trop de louches comme FĂ©lix Radu, ça risque de me plaireâŠ
*Propos sortis de leur contexte : Lorenzo prĂ©cise quâil apprĂ©cie le stand-up de Thomas, puis que Guillermo himself a lâair dĂ©pressif dans ce mĂȘme podcast. Nous voilĂ rassurĂ©s.
Crédits photo
© Pierre-Louis Vuillemin