Cab Cab et sa Spatule électrisent la Nouvelle Seine

Juliette Follin 04/12/2023

Cab Cab a fait ses gammes Ă  Nantes avant de venir Ă  la conquĂȘte de Paris avec son spectacle Spatule. À l’époque, on me dĂ©crivait un phĂ©nomĂšne haut en couleur. Elle n’était pas en mesure de jouer lorsque je venais pour la premiĂšre fois Ă  Nantes. Quatre ans cet Ă©pisode de novembre 2019 qui est abordĂ© dans le spectacle (!!), j’ai comblĂ© le retard !

Cab Cab et le spot du rire : une rencontre en trois actes

L’acte I ne se jouait pas Ă  la Nouvelle Seine mais aux Ouais Ouais Ouais. Un passage plein de promesses, avec un public qui ne semblait pas rechercher l’absurde. Il fallait vite trouver un meilleur Ă©crin. Quoi de mieux que le Mokiri, avec sa soirĂ©e 100% barrĂ©e ? Yacine Belhousse, Patrick Chanfray, Cab Cab et Tristan Lucas
 Comme dirait Philippe ManƓuvre : « Est-ce que le pape est catholique ? ».

TroisiĂšme acte Ă  la Nouvelle Seine, le soir du passage de la tempĂȘte Federico. À ce stade, j’ai bien en tĂȘte l’univers de Cab Cab. Elle semble Ă  la fois hors de contrĂŽle et en maĂźtrise totale. Son « personnage » ne part pas dans tous les sens, mais en arborescence. Est-ce vĂ©ritablement un personnage ? Le public peut librement en dĂ©cider. Montreux sent passer la tornade de plaisir Alexandre Kominek, Paris celle de la Cab Cab


Spatule : le spectacle ébouriffant de Cab Cab à la Nouvelle Seine

Lunettes jaunes du plus bel effet, tenue de scĂšne tout en velours (enfin, je crois), mobilitĂ© du corps Ă  faire pĂąlir Kamel Ouali ou Thierno Thioune
 Cab Cab a dĂ©jĂ  un trĂšs haut niveau et n’a rien envier aux permanents de la Nouvelle Seine. DerriĂšre cette folie esthĂ©tique et cette richesse vocale se niche un propos emprunt de sagesse.

Qu’avons-nous fait du grain de folie de notre enfance ? J’ai repensĂ© Ă  ce moment improbable oĂč j’imitais la chaudiĂšre de chez moi Ă  la cantine de l’école. Je scandais un « ouhhh » complĂštement dĂ©connectĂ© des autres. Jusqu’à ce que la main de la cantiniĂšre vienne me frapper au visage, bien qu’elle ne connaisse pas le dĂ©tective Froussin. Un retour au rĂ©el brutal et qui ne passerait sans doute plus en 2023.

Toujours est-il qu’en 2023, Cab Cab fait un bien fou avec sa spatule. N’y voyez pas lĂ  un rituel BDSM de circonstance (je n’y connais rien, mĂȘme si j’ai Ă©coutĂ© Sept euros quarante). Elle revisite notre rapport aux boulangeries, rejoignant une Ă©lite composĂ©e d’Adrien Montowski sur ce thĂšme. Le masque social, elle le dĂ©truit anecdote par anecdote.

Des histoires rocambolesques ponctuent des moments d’hilaritĂ© (les fous rires sont lĂ©gion). Ce spectacle est vraiment Ă  part, tellement prometteur pour la suite. AprĂšs William Pilet, Nantes continue d’exporter des humoristes incroyables de poĂ©sie, de justesse et d’absurdie. MĂȘme si Cab Cab vient de Bretagne, prĂ©cisons-le pour Ă©viter tout malentendu gĂ©opolitique.

A propos de l'auteur