Jeunes artistes humour : on a croisé Paul, Marc et Thibaud

Juliette 02/02/2019

Cette semaine, Le spot du rire a continué son périple pour découvrir de jeunes artistes humour. Lundi, c’était Marc Tourneboeuf et son showcase au Théâtre du Marais. Mercredi, je suis passée voir Paul Mirabel et d’autres artistes au Point Virgule pour le Trempoint. Enfin, jeudi, j’ai failli louper Thibaud Agoston à la Petite Loge à cause d’un pot de départ, arrivant deux minutes de retard. J’ai honte, mais c’est passé.

Jeunes artistes humour : lundi, Marc Tourneboeuf

Avec un nom pareil, Marc Tourneboeuf a développé le gène de l’autodérision. Oui, il s’agit bien d’un gêne. Le gars a beau photoshopper ses photos les plus alléchantes avec son équipe, on le croit. (En effet, il a une équipe, il est paré pour tous les défis du spectacle vivant.)

Je ne sais pas comment il se débrouille, mais lors de la deuxième exceptionnelle au Théâtre du Marais, la salle était complète et composée en grande partie d’humoristes. Timothé Poissonnet, Gauthier Ployette, Rosa Bursztein, Marion Mezadorian… Tout le gratin, de la comédie humoristique à l’alternative comedy à la française, s’apprêtait à découvrir cette heure atypique.

Si les blagues sont parfois un peu vieillottes (sur les Portugais, Djal est déjà agaçant avec les clichés vus et revus), Marc Tourneboeuf nous embarque grâce à un enthousiasme communicatif. C’est un peu bizarre de qualifier un spectacle humoristique de frais, mais c’était le meilleur mot pour cette soirée.

Oui, la tenue de scène est la même qu’Eric et Ramzy au Palais des Glaces : t-shirt moulant, du genre L’enfer de la mode. Et puis, il en joue, des clichés : au final, il joue au gars faussement raciste pour mieux fustiger les stéréotypes…

Le résultat : une soirée super agréable, où le rire n’est plus calculé. Ça fait du bien, la simplicité comique. Dommage que les critiques comme Christophe Combarieu en fassent des tonnes (un talent d’écriture délirant ?). Oui, c’est bien, mais il faut le mettre en contexte : pourquoi le comparer à Desproges et Devos ?

Mercredi, Paul Mirabel

Celui-là, il est partout ! Paul Mirabel est aujourd’hui l’humoriste dont tous les jeunes artistes humour parlent. Avec moins de deux ans sur scène, il a trouvé son style. Modeste dans les coulisses, il tue tout avec une apparence aisance.

Je vais me répéter lors des prochains mois, parce que son passage est tellement rôdé et maîtrisé qu’il n’y a pas grand-chose à ajouter… C’est le cheval sur lequel tout le monde veut miser, il fait peur en festival, comme pour la soirée des humoristes de demain à Bobino, le26 février.

A chaque fois, il est soucieux de ce qu’il apporte au public et aux médias. Dans le genre programmé pour durer, on est sur un bon filon. L’autodérision est encore plus pertinente que pour Marc Tourneboeuf, on y croit dur comme fer.

Là encore, les thématiques sont déjà vues mais la vraie force du personnage, c’est son interprétation. En apparence minimaliste, elle est en réalité d’une justesse assez aérienne. Oui, j’écris comme sur Télérama et je me dégoûte un peu de le faire, mais c’est ce genre d’artistes qui aura des critiques dithyrambiques dans ces colonnes-là. En attendant qu’ils le découvrent, je m’en charge. #TeamEarlyAdopter

Vu la culture stand-up de Rossana di Vincenzo, cela devrait plus tarder, cela dit !

Jeudi, Thibaud Agoston

Oui, encore une soirée passée à la Petite Loge, j’avoue. Mais cette programmation ne déçoit toujours pas, et cette fidélité à l’humour suisse non plus. Vous connaissez déjà la chanson.

En parlant de chanson, Thibaud Agoston s’en sert pour son seul-en-scène parsemé de stand-up. Serait-ce la formule gagnante, entre modernité du dernier genre à la mode et format qui plaît à tous les publics ?

Comme Paul Mirabel, j’ai croisé Thibaud aux sélections des Best de l’Humour. Seule différence : c’était une première, et son interprétation m’a donné envie de poursuivre.

D’habitude, les humoristes qui utilisent les chansons, ce n’est vraiment pas mon truc. Je ne vois pas l’intérêt, même si je m’y mets petit à petit. D’ailleurs, en février, j’irai voir le showcase de Fabien Guilbaud du Laugh Steady Crew.

Je retrouve le même artiste qu’au Théâtre du Marais. Comme plein d’humoristes suisse, Thibaud est vachement grand et a plein d’idées. Il n’hésite pas à rôder intelligemment son spectacle dans ce laboratoire du rire exigu.

Il dresse le portrait d’une génération perdue sans que ce soit chiant. Les trois garçons de cet article sont certes très différents, mais ils ont cela en commun. Preuve que la nouvelle génération est bien là, et que sa voix devra compter très vite.

Crédits photo

© Paul Mirabel (gauche) – Arti’Show Nanterre / Marc Tourneboeuf (centre) – Philippe Escalier / Thibaud Agoston (droite) – Mo Hadji

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