David Saada – Une vie qui s’envole : critique spectacle

Juliette 08/12/2018

David Saada, comédien et humoriste, joue un spectacle atypique à la Comédie des 3 Bornes. Le spot du rire a pu assister à la performance de l’artiste et vous livre ses impressions !


La première fois que j’ai vu David Saada, c’était en première partie d’un jeune humoriste, Aymeric Carrez. Ça se passait au Théâtre de Ménilmontant, un lieu tristement connu pour commencer ses spectacles avec plus de trente minutes de retard. Autant vous dire que les conditions n’étaient pas réunies pour apprécier le moment.

Pourtant, j’en garde un bon souvenir. Forcément, un humoriste et prof d’EPS est naturellement plein d’énergie. Également, il amenait beaucoup de fraîcheur dans ses textes et sa présence sur scène. Test concluant, donc !

Quand Certe Mathurin interviewait David pour Ménilmontant

David Saada : rendez-vous à la Comédie des 3 Bornes

C’est dans un théâtre beaucoup plus familier que je le retrouve plus d’un an plus tard. Ce lieu, je l’aime bien. J’y ai rencontré Marion Mezadorian, j’ai vu le talent brut de Salomé Partouche s’exprimer pleinement… et la semaine précédente, je retrouvais Antek dans une prestation intimiste (PSG-Liverpool oblige) très appréciable. Cette fois-ci, les voyants étaient au vert.

Le spectacle de David, Une vie qui s’envole, a reçu plusieurs nominations aux P’tits Molières, fièrement arborées sur son flyer. Un seul-en-scène avec une écriture primée, voilà qui place la barre haut !

Une vie qui s’envole : une comédie dramatique exigeante

Autant vous le dire tout de suite : le quatrième mur est là. Dès le début, la mise en scène m’interpelle. Elle est très soignée. Il n’y a pas de flottement : tout est maitrisé de A à Z. Quelques éclats de rire fusent, puis se font de plus en plus rares. L’ambiance se transforme car la pièce est dramatique.

David Saada raconte sa vie à rebours. Il évoque des événements dramatiques de son existence, mais le fait avec une pudeur inhabituelle. François Rollin disait que le grand plaisir du spectateur est de parcourir le chemin lui-même, au lieu de recevoir les punchlines tout cru. De fait, j’étais un peu dépaysée, je me demandais si j’avais bien tout saisi.

David Saada, amoureux transi

C’est Louis Dubourg qui va être content : ce spectacle parle beaucoup d’amour. En prime, on ne désigne pas le sexe de quiconque. La difficulté à séduire, à conserver celle qu’on aime… Rien de nouveau, me direz-vous. Or, encore une fois, l’exécution est différente.

David Saada met beaucoup de poésie dans son œuvre, qu’il termine avec le mime de lui bébé qui arrive dans le monde des vivants. Oui, cela évoque Solange te parle, mais ça n’a rien à voir.

Verdict

Je m’attendais à quelque chose de plus drôle et moins dramatique. Si vous voulez un fou rire, vous ne l’obtiendrez pas. À l’inverse, vous serez gâtés en matière d’originalité. Ce spectacle est à voir, même si j’imaginais quelque chose d’autre. Encore une fois, cet avis est assez personnel : David Saada a reçu une standing ovation à l’issue de sa prestation. Si Télérama n’a pas encore critiqué ce spectacle, ils lui attribueront au moins deux T.

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