Rentrée d’On n’est pas couché : stand-up et café-théâtre

Juliette 31/08/2018

Le spot du rire continue de surveiller le paysage audiovisuel et son rapport à l’humour. J’ai donc assisté à la première de la nouvelle saison d’On n’est pas couché. Je me suis rendue compte qu’il avait une notion bien particulière du stand-up, et j’ai appris un truc sur les cafés-théâtres.

On n’est pas couché : Laurent Ruquier transforme-t-il son entrée en stand-up ?

Avant de commencer, le chauffeur de salle explique le déroulé de l’émission. Il parle alors de la nouvelle rubrique du début de l’émission, le stand-up. Je fronce les sourcils, sentant l’embrouille arriver en trombe.

Imaginez la scène : Laurent Ruquier arrive sur le plateau et parle de sa b***. Non, le stand-up ne se résume pas à ça, voyons ! Il peut aussi parler de ses vacances, de son impatience de la rentrée médiatique… J’avoue ne pas vivre la vie de Laurent Ruquier, j’ignore donc totalement où ça peut aller. Et c’est là que ça peut être intéressant ! Le gars peut littéralement nous surprendre et bousculer le PAF.

Ce n’est donc pas arrivé. Cela ressemble plus à un monologue des talks-shows américains, un peu low-cost. En fait, c’est la même chose que précédemment, il n’y a plus la rubrique avec les miniatures photos que les invités commentent. Tout se réduit à une revue de presse très radiophonique, mais avec images et vidéos en appui. Le chauffeur de salle force les applaudissements et les jeux de mots faciles sont nombreux. Au spot du rire, on n’est pas du tout contre les jeux de mots. Or, là, on est sur un niveau bien inférieur aux plateaux d’humour. Et tant mieux ! Ceux qui les connaissent savent que c’est logique : c’est un travail différent, quotidien, plus concurrentiel. Personne ne force une applause.

Le grand public peut se rassurer, il n’y aura pas d’ouverture en Je ne sais pas si vous avez remarqué. Cela dit, un point de réjouissance : on ne présente plus le stand-up ! La démocratisation est en marche, comme en témoignent les nombreux plateaux d’humour ajoutés sur le site cet été.

Le saviez-vous : qu’est-ce qu’un café-théâtre ?

Durant les trois heures d’émission, Laurent Ruquier présente le parcours d’un invité, William Lebghil. Quand j’ai vu son nom, je me suis demandée qui pouvait bien être ce type. Son visage vous est bien plus familier si vous zappez sur W9 le week-end. Il interprète en effet Slimane dans Soda, un personnage hilarant à l’intelligence… limitée. Pour autant, William Lebghil est là pour présenter le film Première année, où il joue un étudiant en médecine avec des facilités.

Laurent Ruquier parle des apparitions de William dans de nombreux cafés-théâtres, dont le Point Virgule. Mon cerveau passait alors en mode alerte. N’est-on pas censé pouvoir boire dans un café-théâtre ? Le BO St Martin ou le Théâtre de Dix Heures, je veux bien… mais au Point Virgule, on s’assoit juste sur les banquettes. J’ai passé la nuit avec cette anecdote qui me travaillait… jusqu’à craquer et regarder sur Wikipédia ce matin. Wikipédia se saisit de mon embarras (carrément) :

Le café-théâtre est, comme son nom l’indique, un petit théâtre dans lequel il est possible de boire, mais ce n’est pas nécessairement le cas.

C’est beaucoup plus clair, n’est-ce pas ? Laurent Ruquier a donc raison, et j’ai appris un truc. Même si cela n’a rien de logique de prime abord. En réalité, la création des cafés-théâtres marquait une rupture avec les pièces traditionnelles. C’est amusant de comprendre l’émergence de nouveaux lieux et la démocratisation du stand-up aujourd’hui, en réaction à des censures. On comprend pourquoi le théâtre a parfois ce côté pompeux et ne parle pas au plus grand nombre (festival d’Avignon in et off…).

Crédits photo

© France 2 / Tout sur l’écran / RUQ Productions / capture d’écran YouTube

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