Humour instantané – J’ai croisé Lenny dans le métro

Juliette 19/09/2017

Croiser Lenny dans le métro parisien, ce n’était pas du tout prévu. Je devais me délecter devant des humoristes sur un plateau, mais l’événement a été annulé. Je croisais l’un des humoristes qui essayait de rentrer dans le lieu. Quand je lui ai dit que c’était annulé, il n’a pas voulu me croire. Dégoûtés et peu habitués à traîner dans ces quartiers, nous avons saisi nos téléphones en quête d’un signal GPS pour localiser le métro le plus proche et pratique pour rentrer au bercail.

Mais en ce mardi soir, j’avais l’intuition que la journée n’était pas achevée. Les mauvaises langues diraient que c’est parce qu’une journée s’achève à 23h59, mais ils ne se concentrent que sur les chiffres, sans savoir ce qu’il se passe vraiment sur le terrain. Une manie bien commune…

Bref, je me tâtais à me rendre in extremis au 33 Comedy, mais c’était trop tard. Je me disais que j’aurais pu surprendre Nadim après sa première de la rentrée au Théâtre La Cible, mais il restait 45 minutes avant la fin de son spectacle. Je venais d’interviewer Marion Mezadorian et Rémi Boyes coup sur coup… et décidais qu’il était plutôt temps de dormir.

Lenny : histoire d’un stand-upper aguerri

Retour à l’action. Si vous êtes un habitué du Paname Art Café, vous connaissez bien Lenny M’bunga/Harvey (c’est le même, si vous vous demandez encore). J’ai souri, parce qu’on s’est croisé, il a joué pour moi (et d’autres gens d’un groupe qui s’appellerait « le public » selon les médias les plus obscurs). Connivence.

Lui, il n’a pas eu besoin de sourire. Lenny sourit, semble-t-il, en permanence. Il se balade avec la même dégaine assurée sur des quais puants comme sur scène, empli de légèreté d’aller jouer. Comme s’il allait se mettre à glousser de rire en sous-sol de métropolitain comme il le fait dans une cave après une bonne création, une bonne réaction de son auditoire.

Quoi ? Lenny prendrait le métro ? Le spot du rire semble mener l’enquête, on n’a rien à envier à Closer*

Comme c’était à République, je me suis dit que c’était pour jouer au Paname… Vu l’heure, 20h37 ou quelque chose du genre, il était soit très en retard pour le show de 20 heures, soit très en avance sur celui de 22h30. Parce que celui de 21h15, c’est celui en anglais. De mémoire, il ne s’y invite pas.

En rentrant chez moi, j’ai vu que Lenny n’était finalement pas programmé. Espérons que je n’aie pas rêvé ce moment, ce qui serait assez inquiétant.

Je n’ai rien dit, car la seule phrase que j’ai prononcée à Lenny, c’était : « Louis est encore en bas ? » et j’étais embarrassée de ne pas en avoir fait plus face à un mastodonte de la scène de son calibre. Pardon, Lenny, je ne sais pas quoi te dire. Je pourrais te raconter que je t’ai vu exulter au One More Joke. Je ne devais pas venir, parce que j’étais au Start Up Comedy Club pour une spéciale délocalisée dans le 11e. Mais entendre la dernière enquête de Détective Froussin était trop tentant. J’étais rentrée au One More pendant cette enquête, là où tout le monde était médusé de découvrir Coréenne, la nouvelle équipière chinoise de Froussin.

C’est bien simple, Lenny sait enflammer une salle et je n’ai jamais saisi le mécanisme. Parce que cela lui semble inné, naturel. On se laisse porter par son charisme, son flot de blagues. Je le vois souvent réaliser la même performance avec une consistance assez bluffante. Moralité : les humoristes sont endurants. Pensez-y à votre prochain choix de carrière sentimentale si c’est ce qui vous branche.

*Le spot du rire exècre les magazine people et respectera toujours la vie privée des humoristes. Quand on déconne, on déconne, mais pas là.

Crédit photo : Betty Durieux

Voir Lenny sur scène

Si vous n’êtes pas du genre stalker étrange, vous pouvez aller voir Lenny de manière conventionnelle. Il joue un spectacle au One More à partir du 15 octobre (réservez vos places sur Billetreduc, il y a une petite ristourne !). Cela se passe les dimanches à 19 heures.

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