Heimweh, Revue de Lausanne 2024 et Wiesel/Décosterd

Juliette Follin 10/02/2025

MalgrĂ© l’état Ă©trange du monde (et le sort rĂ©servĂ© Ă  nos humoristes Merwane Benlazar et Rosa Bursztein ces derniers temps — oui, j’avais Ă©crit ces lignes avant tout ce bordel
), certains signaux me font espĂ©rer que 2025 sera un bon cru. L’un des premiers spectacles vus en janvier dĂ©mystifiait l’idĂ©al de l’identitĂ© suisse. Au Théùtre de la Bastille, je retrouvais ainsi Donatienne Amann avec trois autres comĂ©diens pour une piĂšce sur le mal du pays helvĂšte
 Son nom : Heimweh / Mal du pays : tout un programme ! Figurez-vous que mĂȘme Le Monde a Ă©crit un papier dessus ! Un rĂȘve Ă©veillĂ©, tout aussi joussif que la dĂ©couverte de cette piĂšce. Depuis plusieurs annĂ©es, elle se fraye un chemin dans les théùtres en France, en Belgique comme en Suisse.

Heimweh commence par un long monologue d’un Français
 On prie pour que les Suisses viennent Ă  la rescousse, ce qui finit par arriver. Ils digressent, parlent tout bas, comme enfermĂ©s dans la lenteur et le calme local. Le premier protagoniste est au bord de la crise de nerfs, il en cassera quelque chose devant un parterre toujours aussi silencieux et imperturbable. Un bonbon-OVNI parfait pour dĂ©couvrir l’ambiance Ă  la Suisse et Ă  quel point tout cela pĂšse sur les Suisses eux-mĂȘmes


La Suisse, terre d’Eurovision en 2025 et cĂ©lĂ©brĂ©e de la Revue de Lausanne 2024 au spectacle Ă©phĂ©mĂšre de Thomas Wiesel

Il m’a suffi d’aller en Suisse un week-end pour rĂ©aliser que cette contrĂ©e accueillera l’Eurovision cette annĂ©e. D’ordinaire, le monde de l’humour romand (Ă  part sans doute Blaise Bersinger) semble hermĂ©tique Ă  ce concours. Or quand Nemo succĂšdait Ă  CĂ©line Dion, Thomas Wiesel regardait et commentait la finale pour la premiĂšre fois. Dans son spectacle Ă©phĂ©mĂšre consacrĂ© Ă  l’annĂ©e 2024, il entamait naturellement sa revue annuelle avec Nemo.

C’est aussi un des volets de la Revue de Lausanne 2024. Ce qui est plus qu’une comĂ©die musicale annuelle avec un segment stand-up abordait cette annĂ©e le thĂšme de la presse. En effet, si en France, c’est le bordel cĂŽtĂ© journaux, la Suisse est aussi dans la tourmente. Fusion de groupes de presse, dĂ©localisation possible Ă  Zurich pour parler des actualitĂ©s romandes
 Et bien sĂ»r, la RTS qui va devoir faire des concessions pour accueillir l’Eurovision
 Les mĂ©dias n’étaient pas en reste.

Comme l’annĂ©e derniĂšre, j’ai adorĂ© la Revue de Lausanne 2024
 Je l’ai trouvĂ© plus Ă©poustouflant, ce qui m’a permis de bien vivre l’absence de Blaise sur scĂšne ! Je commence d’ailleurs Ă  m’attacher aux figures rĂ©currentes de la revue et apprĂ©cier cet autre genre de spectacle vivant. Au bout de deux heures au Pavillon Naftule, aucune lassitude Ă  dĂ©plorer ! Un exploit. Entre le rythme, la diversitĂ© des tableaux et cette maniĂšre de revisiter la chanson de Nemo
 Tout Ă©tait parfait. Sauf peut-ĂȘtre l’absence de cette reprise de Nemo dans la captation, mais au moins, ça justifie le dĂ©placement hivernal !

Benjamin Décosterd, le chroniqueur-humoriste qui sort de son cocon

Ajoutons Ă  ce dense programme de la mi-janvier un troisiĂšme spectacle : la premiĂšre heure de Benjamin DĂ©costerd. L’auteur comique quitte l’ombre (mĂȘme s’il captait dĂ©jĂ  la lumiĂšre en chronique
) pour une premiĂšre heure de stand-up.

C’est toujours exotique de voir des nouvelles tĂȘtes se lancer sans filet dans le stand-up. Quand les Suisses s’y mettent, ils sont prĂȘts. Celui qui aurait pu avoir une image un peu lisse qui lui colle Ă  la peau s’en dĂ©pĂȘtre trĂšs bien. TrĂšs assurĂ© sur scĂšne, il n’a eu aucun mal Ă  assurer les segments de stand-up de la Revue de Lausanne en remplacement du taulier local, NathanaĂ«l Rochat.

Quant au spectacle de Thomas Wiesel, il a fait son apparition sur YouTube quelques heures aprĂšs que je l’ai vu. Heureusement que je ne suis pas venue que pour ça
 MĂȘme si dĂ©couvrir le Pavillon Naftule, ce chapiteau gĂ©ant qui fleure bon la fondue et l’humour romand, Ă©tait un Ă©vĂ©nement en soi !

Crédits photo

© Amélie Perrod

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