Tristan Lopin dans Dépendance affective – critique

Juliette 16/12/2018

J’ai eu l’occasion de découvrir le spectacle Dépendance affective de Tristan Lopin un peu après tout le monde. En effet, l’artiste le joue depuis un certain temps. Longtemps programmé au Théâtre du Marais, c’est finalement au Théâtre Trévise qu’il joue en ce moment. Les lecteurs du spot du rire connaissent bien ce théâtre, qui accueille chaque dimanche le Fieald.

Tristan Lopin dans Dépendance affective : au-delà des clichés

Assez parlé géopolitique théâtrale. Par le passé, j’ai découvert Tristan Lopin lors du Festival d’Humour de Paris, début 2017. À l’époque, j’avais trouvé cette prestation correcte, mais je n’étais pas embarquée dans son univers. Je me sentais pas intégrée dans la communauté de petits chats que Tristan développe sur ses réseaux sociaux.

Or, c’était une erreur de me détourner de ce spectacle. Je l’imaginais comme un plaidoyer mélancolique pour la période de deuil après une rupture. J’y voyais tous les clichés mobilisés sans recul : le Nutella, les commérages sur les mecs, le désespoir, le développement personnel…

Un spectacle-kiff

Dès l’arrivée dans la salle, l’attente n’est pas très longue. Tristan Lopin est déjà là, distribuant des bonbons à son public. Il passe dans tous les rangs, émet des commentaires sur les tenues vestimentaires de certaines nanas. Il n’est pas loin de me rebuter, mais comme il le fait avec une certaine candeur et que mon morceau de corruption arrive, je ne lui en tiens pas rigueur.

Pendant ce temps, les chansons des Spice Girls et de Britney Spears. Vous savez, ces chansons guilty pleasure que personne n’admet écouter mais qu’on adore en secret. Une fois le réservoir à bonbons vide et tout le public rassasié, le spectacle commence sans transition. C’est le soir de Miss France et Tristan nous félicite d’avoir renié cette attaque au féminisme pour être ici.

Une performance effectuée avec plaisir

On retrouve immédiatement l’esprit de communauté et la connivence que l’on voit habituellement dans les séquences de soirées entre filles dans les séries. Je comprends que Tristan se moque des commérages autant qu’il les aime, et je commence à me détendre. Pendant ce temps, le public est déjà hilare tout autour de moi.

À force de voir des spectacles, je suis devenue plus difficile, mais je me prends au jeu. Je découvre des blagues beaucoup plus sophistiquées et fines que j’imaginais. Le jeu de Tristan est également impeccable : ses interactions, chacune de ses mises en scène, ses chorégraphies.

En réalité, Tristan prend du plaisir sur scène et c’est communicatif. Il joue de l’autodérision et il livre un spectacle finalement très positif. À la fin, il nous incite à sortir des réseaux sociaux pour se rencontrer à nouveau dans les lieux de vie. En somme, ce que tout le monde pense mais que personne n’entreprend vraiment.

J’avais une dernière crainte autour du développement personnel. Dépendance affective est le titre d’un livre sur le développement personnel sorti cette année. C’est aussi le thème de nombreuses vidéos YouTube qui mettent en avant le fait que vous êtes tous atteint de ça, et qu’il faut s’aimer soi-même. Honnêtement, je n’en peux plus d’entendre de la théorie sur ce sujet. Dès lors, voir Tristan Lopin moquer ce type de littérature (sic !) était un soulagement.

Verdict

Tristan Lopin réalise une performance à la fois divertissante et agréable. Son spectacle est drôle, à son image et même truffé de beaux moments d’originalité. Si vous souhaitez découvrir quelque chose de nouveau et de positif, je vous invite à le découvrir. Vous avez de nombreuses options : le jeudi, vendredi et le samedi à Paris jusqu’en février, mais également lors de plusieurs dates de tournée.

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